Conclusion

Conclusion

En conclusion la volonté de changer notre conjoint devrait toujours s'accompagner d'un questionnement sur les raisons qui nous y poussent. La plupart du temps, cela nous permettrait d'identifier le pouvoir réel que nous détenons sur notre satisfaction. Du même coup, nous éviterons un grand nombre de conflits stagnants qui minent la vie à deux.

À l'inverse, lorsque nous subissons cette pression, nous devrions toujours nous enquérir des motifs réels de notre conjoint. Et que nous acceptions ou non de nous soumettre à sa demande, nous aurions aussi avantage à prendre conscience des raisons qui nous y poussent.

Ceci est d'une grande importance parce que le respect de soi est un ingrédient capital dans la vitalité personnelle et dans celle du couple. En effet, on peut facilement être tenté de privilégier le respect de l'autre en acceptant ce qui nous semble intolérable ou injuste. Mais ce «respect de l'autre» ne peut jamais être substitué à la fidélité à soi-même sans conséquences graves pour la relation et pour notre harmonie.
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# Posté le jeudi 26 novembre 2009 17:13

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Les motifs de confort

Très souvent, les exigences par rapport au conjoint sont présentées sous le prétexte de la recherche du confort. Mais en réalité, peu de demandes de changement sont vraiment de cette nature. Le choix de la cible visée est l'indice le plus évident pour en venir à cette conclusion

Examinons un exemple très délicat mais tout aussi fréquent dans la vie d'un couple: l'entretien de la maison ou le partage des tâches.

Claudine souffre énormément du laisser aller de son mari. Elle se plaint de son manque d'ordre, du fait qu'il ne voit pas la saleté et enfin qu'il n'est jamais prêt, comme elle, à consacrer ses samedis au ménage, à la lessive et aux courses. À maintes reprises Francis lui a proposé d'engager une aide ménagère, ce qu'elle a toujours refusé. Elle justifie son refus par son malaise à laisser pénétrer un étranger dans son intimité. Cette «chicane» dure depuis le début de leur union.

On peut se demander si c'est vraiment l'ordre et la propreté qui préoccupent Claudine ou si ce n'est pas plutôt le fait que son mari ne se plie pas à sa volonté. En admettant que leurs besoins dans la sphère «entretien ménager» soient différents, pourquoi continue-t-elle à insister en vain pour qu'il change? À mes yeux, deux hypothèses méritent d'être envisagées.


1- La symbolique du comportement

Plus que les gestes de son mari, c'est leur signification qui atteint Claudine. Elle interprète en effet le refus de Francis comme un manque de respect à son égard, ce qui à ses yeux est l'équivalent d'un manque d'amour. «S'il m'aimait vraiment, il comprendrait combien cela est important pour moi et il respecterait mon besoin!» Elle ne lui avoue toutefois jamais la traduction qu'elle fait de son refus persistant plutôt dans ses reproches. Quand ce ne sont pas des critiques directes c'est sa mauvaise humeur de la fin de semaine qu'elle lui sert. Celle du samedi où elle se tape tout le travail et celle du dimanche où elle récupère des durs travaux qu'il lui a laissés.

On peut se demander pourquoi Claudine ne consent pas à engager de l'aide si son besoin est si grand. Pourquoi elle ne prend pas la peine d'examiner son inconfort à confier sa maison à un étranger? Pourquoi elle ne cherche pas une personne qui lui serait recommandée et pourquoi elle n'entreprend pas de s'apprivoiser graduellement à sa présence? Pourquoi elle persévère dans la solution qui l'exaspère? Pourquoi enfin elle choisit de vivre des week-ends d'enfer et d'hypothéquer sa relation avec son mari?

La force de son besoin d'être aimée est probablement l'ingrédient de fond qui explique cette persévération. Mais son aveuglement par rapport aux autres solutions s'explique surtout par sa résistance à être en contact avec ce besoin «de se sentir aimée». Elle refuse de l'assumer autant pour elle-même que devant son mari. Cette résistance est d'autant plus forte qu'elle se combine à un important désir de contrôle.


2- Le contrôle pour éviter l'inconfort

La tendance au contrôle peut se traduire par l'assertion suivante: «pour que je sois satisfait il faut que cela se passe de la manière que j'ai choisie». Il est clair que dans cette perspective celui qui veut le contrôle ne prend pas en considération le fait que son conjoint a lui-même une vie et un mot à dire dans leur vie à deux.

La tendance au contrôle s'appuie en grande partie sur la certitude d'avoir raison. C'est le cas de Claudine. Ceci est tellement vrai qu'elle qualifie le comportement de son époux de «résistance passive». En d'autres mots, la bonne chose à faire c'est ce qu'elle a décidé et quiconque s'y oppose est nécessairement en mode de résistance. Il est exclu qu'il puisse s'agir simplement du choix de Francis et que ce choix soit aussi valable que le sien (c'est à dire qu'il réponde lui aussi à un besoin). Dans cette perspective, les besoins de l'autre ne sont pas pris en considération. Ce qui compte c'est de se sentir en contrôle, d'éviter l'inconnu, de ne prendre aucun risque d'être ébranlé...

Lorsque, par contre, le désir de changement est réellement motivé par un désir de confort qui n'est pas pollué par un «test d'affection» passé au conjoint à son insu, le problème a tendance à se régler beaucoup plus facilement.
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# Posté le jeudi 26 novembre 2009 17:12

Le camouflage du besoin

Bien que les besoins affectifs (comme les besoins physiques) fassent partie de la vie, certains les jugent infantiles ou trop intenses. Ils se jugent alors trop dépendants et cherchent à se débarrasser de cette dépendance en adoptant une attitude contraire. Non seulement ils comptent sur leur conjoint pour prendre l'initiative de combler leurs besoins, mais encore ils cherchent à se compromettre le moins possible. Aussi, plutôt que d'afficher la vulnérabilité qui va de pair avec le besoin et la dépendance qui en fait partie, ils donnent des ordres, passent des commandes précises ou encore usent de reproches. Ces manières indirectes de manifester leurs besoins leur permettent de sauver la face en paraissant «au-dessus de leurs affaires».

Pour atteindre une réelle satisfaction il est préférable d'exprimer le besoin à l'état pur. En effet, cela laisse au conjoint le loisir d'y répondre dans ses propres termes au lieu de le condamner à se conformer à la demande précise qui lui est faite (et qui souvent ne lui convient pas). Ainsi beaucoup de conjoints n'achèteront jamais de fleurs à l'objet de leur amour. C'est autrement qu'ils aiment manifester leurs sentiments. De la même manière, les commandes de «petits baisers» (preuve que tu m'aimes) ne conviennent pas à tous. Certains désirent prouver autrement et surtout, à l'heure qui leur convient.

On peut dire qu'en procédant par commandes précises et qu'en camouflant soigneusement le besoin nous agissons sur le comportement de notre conjoint. Nous cherchons à le «changer» plutôt que changer nous-même en acceptant d'assumer ouvertement notre besoin.
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# Posté le jeudi 26 novembre 2009 17:10

Toute demande renferme un besoin

Toute demande renferme un besoin
La demande est toujours la manifestation d'un besoin. Elle met de l'avant une réponse possible à ce besoin; une action de l'autre qui pourrait servir à le combler. Le lien entre cette action et le besoin est plus ou moins clair. Il peut être relativement direct mais il est souvent très peu apparent ou même strictement symbolique.

La partie émergéeLe besoin d'un contact réel qui soit nourrissant affectivement s'exprime souvent à travers la demande suivante:

Écoute-moi, parle-moi de toi, parlons des vraies choses au lieu de banalités, sois franc avec moi. Partage tes soucis et tes plaisirs avec moi.

Le besoin d'affection peut s'exprimer par des demandes du genre de celles-ci:

J'aimerais que tu t'intéresses à ce que je suis, à ce que je fais. Sentir que j'ai de la valeur à tes yeux, que tu m'apprécies. Avoir de la tendresse, recevoir des marques d'affection.

Besoin d'être en relation avec un être complet (l'inverse de la recherche d'une copie conforme à soi-même) s'exprime à travers des demandes telles que:

J'aimerais que tu te tiennes debout, que tu me dises quels sont tes besoins plutôt que de toujours acquiescer à ce que je propose. Je souhaite que tu manifestes tes goûts, tes préférences, que tu saches me dire non, que tu sois quelqu'un quoi!

Le besoin d'être apprécié comme homme ou femme, d'être confirmé comme attirant sexuellement prend souvent la forme de gestes de séduction auxquels on espère une réponse.

Je voudrais que tu sois folle de moi, que tu me désires, que tu n'aies d'yeux que pour moi.

J'aimerais que tu me trouves belle et désirable. Je ne veux pas que tu regardes les autres femmes. J'ai peur que tu éprouves du désir pour une autre ou que tu en trouves une autre plus attirante.

Les besoins affectifs font partie de la vie et sont constamment présents. Ils sont plus aigus lorsqu'ils ne sont pas assouvis, mais nous pouvons aussi les détecter à travers le satisfaction que nous éprouvons au contact de l'être aimé. Toutefois ils ne sont pas toujours comblés à notre entière satisfaction. C'est alors que l'effort pour changer l'autre prend le plus d'importance.
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# Posté le jeudi 26 novembre 2009 17:09

Éviter une réalité existentielle

 Éviter une réalité existentielle

Parfois, la tentative d'influence se met au service d'une déni existentiel. Elle sert par exemple à entretenir l'illusion de la perfection ou de la fusion. Voici deux illustrations relativement typiques dans la vie de couple.

Johanne est très proche de sa famille et déplore le peu d'intérêt de Ludovic pour la fréquenter. Ce dernier lui a pourtant expliqué à maintes reprises qu'il n'a d'atomes crochus avec personne et que ces visitent l'ennuient. Ceci n'empêche pas Johanne d'insister. Fais-le pour moi alors!

Laurence réagit agressivement chaque fois que son mari lui fait une critique. Il lui arrive même de le bouder durant plusieurs jours pour lui faire savoir combien elle a en horreur d'être critiquée ou prise en défaut.

Johanne demande à Ludovic de se sacrifier pour elle. Pourquoi? Après avoir allégué qu'elle se sacrifie elle-même souvent pour lui, elle répond qu'elle apprécie sa présence et que sa visite sera plus agréable s'il l'accompagne. Elle n'ajoute probablement pas que l'écart entre leurs besoins la force à assumer sa «solitude existentielle». Or cette solitude soulève chez elle une grande anxiété lorsqu'elle se fait sentir.

Donc en fait, ce qu'elle réclame de Ludovic, c'est qu'il participe à son «déni de solitude». S'il le fait, elle aura moins conscience de sa solitude comme être humain; une réalité qui lui apparaît clairement lorsque son mari n'a pas les mêmes besoins ou les mêmes désirs qu'elle.

Laurence est aux prises avec un désir de perfection (évidemment impossible à atteindre). Elle le constate péniblement chaque fois qu'elle subit une critique. Si elle réussissait à empêcher tous les jugements des autres et en particulier ceux de son mari, elle pourrait peut-être conserver l'illusion d'être irréprochable et toujours adéquate.

Elle est aux prises avec un «déni de la finitude» qu'elle perpétue en consacrant son énergie à contester ceux qui lui la blâment ou la critiquent plutôt qu'à examiner l'effet qu'exercent sur elle les jugements et les reproches. La vigueur avec laquelle elle combat la critique est le reflet de l'importance de son déni.
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# Posté le jeudi 26 novembre 2009 17:07